Quand j’ai commencé à fréquenter le milieu libertin, j’ai réalisé quelque chose de fascinant : les gens fantasment tous plus ou moins sur les mêmes choses. Les détails varient, mais les grands thèmes reviennent sans cesse. Et vous savez quoi ? C’est extrêmement rassurant.
Les fantasmes populaires ne sont pas un mystère. Des études sérieuses — notamment celle du psychologue Justin Lehmiller sur plus de 4 000 Américains, publiée dans son livre Tell Me What You Want — montrent que certains scénarios érotiques reviennent chez une majorité d’hommes et de femmes. En France, les enquêtes Ifop sur la sexualité confirment ces grandes tendances. Les voici, classés par fréquence, avec ce que j’en sais d’expérience.
1. Le plan à trois
Le roi des fantasmes. Environ 89 % des personnes interrogées ont déjà fantasmé sur un plan à trois. Chez les hommes, c’est souvent le scénario deux femmes/un homme. Chez les femmes, les deux configurations excitent — parfois même davantage le plan à trois avec deux hommes.
Ce fantasme parle de surabondance : plus d’attention, plus de sensations, plus de regard. C’est aussi le fantasme du « centre du monde » — être désiré(e) par plusieurs personnes en même temps.
2. La domination et la soumission
Être attaché(e), donner des ordres, obéir aveuglément… Le BDSM fait fantasmer une majorité de gens — même ceux qui n’iraient jamais dans un donjon. Environ 65 % des femmes et 53 % des hommes fantasment sur la soumission. La domination attire des chiffres similaires.
Ce qui est intéressant, c’est que beaucoup de personnes fantasment sur les deux rôles. Le pouvoir et l’abandon sont deux facettes du même désir.
3. L’inconnu(e) séduisant(e)
Être abordé(e) par un(e) inconnu(e) dans un bar, un hôtel, un train… Ce fantasme est l’un des plus universels. Il parle de désir brut, libéré de toute histoire, de toute complication. Juste deux corps qui se veulent sans se connaître.
C’est d’ailleurs l’un des jeux de rôle les plus faciles à mettre en place avec son partenaire : simuler une première rencontre dans un lieu public. J’en ai parlé en détail dans mon article sur les jeux de rôle à l’hôtel.
4. L’exhibitionnisme et le voyeurisme
Faire l’amour en étant vu, ou regarder quelqu’un d’autre… Le fantasme du regard est puissant parce qu’il ajoute une dimension supplémentaire au plaisir. On ne fait plus l’amour seulement pour soi — on le fait aussi pour un public.
Dans le milieu libertin, c’est presque banal. Les soirées libertines intègrent naturellement cette dimension voyeuriste. Et croyez-moi, être regardée change complètement les sensations.
5. Le sexe dans un lieu insolite
Sur une plage, dans un ascenseur, dans un avion, dans la nature… Le changement de décor est un fantasme presque universel. Le lit conjugal, c’est bien, mais le bureau, la cuisine ou une chambre d’hôtel, c’est mieux. Le contexte change tout — et notre cerveau adore la nouveauté.
C’est d’ailleurs une des façons les plus simples de pimenter son couple : changer de lieu.
6. Le sexe avec un(e) ex ou un(e) ami(e)
Fantasmer sur quelqu’un qu’on connaît — un ex, un collègue, un ami — est extrêmement courant. Ce n’est pas de l’infidélité mentale : c’est votre cerveau qui utilise des visages familiers pour construire ses scénarios. Ne culpabilisez pas.
Ce qui rend ce fantasme si courant, c’est la familiarité mêlée d’interdit. Vous connaissez cette personne, vous pouvez imaginer ses réactions, sa voix, son odeur — mais dans la réalité, vous ne franchissez pas la ligne. C’est précisément cette tension entre le possible et le non-fait qui alimente l’excitation. Et je vous rassure : votre partenaire fantasme probablement aussi sur des personnes de son entourage. C’est humain.
7. L’infidélité consentie
Le fantasme d’infidélité est fascinant parce qu’il joue sur la transgression de la règle la plus fondamentale du couple : l’exclusivité. Le candaulisme — regarder son partenaire avec quelqu’un d’autre — en est une variante particulièrement intense.
Beaucoup de couples libertins ont commencé par ce fantasme. Bien encadré, il peut devenir une expérience incroyable. Mal géré, c’est un champ de mines. D’où l’importance de la communication.
Ce que je trouve intéressant dans ce fantasme, c’est qu’il ne parle pas d’ennui ou de manque. Il parle de désir amplifié — voir son partenaire désiré(e) par quelqu’un d’autre ravive un désir qu’on tenait pour acquis. C’est un rappel que la personne qui dort à côté de vous est un objet de convoitise pour d’autres. Et ça, c’est puissant.
8. Le sexe sauvage et passionnel
Être plaqué(e) contre un mur, arraché(e) de ses vêtements, pris(e) avec urgence… Ce fantasme de « passion incontrôlable » est l’un des plus répandus chez les femmes. Il ne s’agit pas de violence — il s’agit d’un désir si fort qu’il ne peut pas attendre.
C’est un fantasme que les préliminaires bien menés peuvent alimenter : construire la tension jusqu’au point de non-retour. Le dirty talk, les messages coquins pendant la journée, les regards appuyés lors d’un dîner — tout ce qui construit l’anticipation nourrit ce fantasme.
Dans ma vie libertine, les moments les plus excitants n’étaient pas les orgies planifiées — c’étaient ces instants de désir soudain et irrépressible avec mon partenaire, en rentrant d’une soirée, encore chargés de l’énergie de ce qu’on avait vécu ou vu.
9. Le jeu de costumes et déguisements
Infirmière, pompier, professeur, soubrette… Les costumes érotiques permettent de devenir quelqu’un d’autre le temps d’une nuit. C’est une forme de jeu de rôle accessible et ludique, qui transforme le quotidien en aventure.
Ce qui fait la force de ce fantasme, c’est la permission qu’il donne. En costume, vous n’êtes plus tout à fait vous-même — et cette distance autorise des comportements que vous n’oseriez pas en temps normal. L’infirmière peut être autoritaire, le pompier peut être sauvage, la soubrette peut être soumise. Le costume est un laissez-passer vers une autre version de vous.
10. Le sexe en groupe
Au-delà du plan à trois, le fantasme de l’orgie ou du sexe en groupe est plus répandu qu’on ne le croit. Environ 74 % des hommes et 42 % des femmes y ont déjà pensé. L’échangisme est une version « encadrée » de ce fantasme, et c’est souvent par là que les couples commencent.
Ce qui attire dans le sexe en groupe, c’est la surabondance sensorielle : plusieurs corps, plusieurs bouches, plusieurs mains. C’est aussi le côté « hors du commun » — on sort des conventions, on entre dans un espace où les règles habituelles ne s’appliquent plus. Pour ceux qui veulent explorer, une première soirée libertine est souvent le premier pas.
Les différences hommes/femmes
Les études montrent quelques tendances — pas des règles absolues :
- Les hommes fantasment davantage sur le visuel : des corps, des positions, des pratiques spécifiques. Leurs fantasmes sont souvent plus « explicites » et centrés sur l’acte.
- Les femmes fantasment davantage sur le contexte : l’ambiance, la relation, l’émotion. Les fantasmes féminins intègrent souvent une dimension narrative — un scénario, une histoire, un lien émotionnel.
Mais attention aux généralisations. Beaucoup de femmes ont des fantasmes très explicites, et beaucoup d’hommes fantasment sur la connexion émotionnelle. La sexualité est un spectre, pas une case.
Et les fantasmes « bizarres » ?
Si votre fantasme ne figure pas dans cette liste, pas de panique. Il n’existe pas de fantasme « bizarre » — seulement des fantasmes moins courants. Tant que vous ne confondez pas fantasme et intention d’agir, et tant que toute mise en pratique respecte le consentement de toutes les personnes impliquées, votre fantasme est légitime.
Pour les fantasmes qui touchent aux tabous sexuels, j’ai écrit un article dédié. Si un fantasme vous fait souffrir ou vous obsède de manière envahissante, un sexologue peut vous aider à y voir plus clair — sans jugement.
Que faire de ses fantasmes ?
Trois options, toutes valides :
- Les garder pour soi. Un fantasme n’a pas besoin d’être partagé ou vécu pour enrichir votre sexualité. Il alimente l’imaginaire érotique et c’est déjà beaucoup.
- Les partager avec son partenaire. C’est un acte de confiance qui peut renforcer l’intimité — à condition de bien choisir le moment et la manière.
- Les passer du fantasme à la réalité. Certains fantasmes se vivent merveilleusement bien. D’autres moins. Le seul moyen de le savoir, c’est d’essayer — avec les bonnes précautions.
Pour un guide complet sur le sujet, retrouvez mon article pilier sur les fantasmes sexuels. Et n’oubliez pas : vos fantasmes sont normaux, fréquents et précieux. Chérissez-les 😉

Je m’appelle Aline, j’ai 35 ans et je suis la fondatrice de Libertin Débutant. Diplômée en psychologie sociale et passionnée de sexologie, j’explore le libertinage depuis plus de 10 ans — d’abord en spectatrice curieuse, puis seule, et aujourd’hui en couple épanoui. J’ai visité plus de 40 clubs libertins en France et en Belgique, testé les principaux sites de rencontres libertines, et échangé avec des centaines de couples qui se posaient les mêmes questions que moi à mes débuts.
Mon objectif : vous aider à découvrir le libertinage de manière respectueuse, bienveillante et décomplexée, avec des conseils concrets issus de mon expérience personnelle et de ma formation. Retrouvez mon parcours complet sur ma page « Qui suis-je ? » :