J’ai ouvert ma relation à 38 ans après dix ans de couple. Voici ce que ça m’a vraiment appris — le bon, le moins bon, et ce que j’aurais aimé savoir avant de franchir le pas.
Je me souviens exactement du moment où Thomas m’a dit qu’il fantasmait sur une collègue. On était dans la cuisine, un mardi soir banal, lui qui vidait le lave-vaisselle, moi qui finissais un verre de rouge. Il l’a dit comme ça, sans prévenir, avec cette façon qu’il a de balancer les trucs importants entre deux gestes anodins.
Ma première réaction ? Pas de la jalousie. Plutôt… du soulagement. Parce que moi aussi, depuis quelques mois, j’avais des pensées que je rangeais soigneusement dans un tiroir fermé à clé.
Ce soir-là, on a parlé jusqu’à 2h du matin. Et c’est comme ça que tout a commencé.
On n’ouvre pas un couple qui va mal — on ouvre un couple qui va bien
C’est la première chose que je répète à toutes les copines qui me posent des questions. Le libertinage n’est pas un défibrillateur. Si ton couple est à l’agonie, introduire d’autres personnes dans l’équation ne va pas le ressusciter — ça va juste accélérer la fin, et dans la douleur.
Chez nous, ça faisait dix ans qu’on était ensemble. Dix ans de vrais hauts, de vraies disputes, de vraie complicité aussi. On se connaissait suffisamment pour savoir que ce qu’on envisageait n’était pas une fuite — c’était une curiosité commune, portée par deux personnes qui se faisaient confiance.
Ça ne veut pas dire qu’on n’avait pas peur. On avait peur. Mais c’était une peur excitante, pas une peur de perdre l’autre.
Les conversations qu’il faut vraiment avoir avant
On a mis trois mois à se lancer. Trois mois de discussions, parfois confortables, parfois franchement inconfortables. Et je ne regrette pas une seule de ces heures passées à parler.
Est-ce qu’on se raconte tout, ou juste l’essentiel ? On a choisi l’essentiel. Je n’ai pas besoin de savoir combien de fois il l’a vue ni ce qu’ils ont fait exactement — par contre, je veux savoir si ça prend une place émotionnelle importante. C’est la différence entre transparence et surcharge d’informations.
Est-ce qu’on le fait ensemble ou chacun de son côté ? On a essayé les deux. L’échangisme en club, une fois, curieuse de l’expérience. Ambiance sympa, mais regarder Thomas avec quelqu’un d’autre en temps réel — c’était trop pour moi à ce stade. On a vite compris qu’on préférait nos aventures séparées, et se retrouver après. Ce « après » est d’ailleurs souvent le meilleur moment.
Qu’est-ce qui serait une ligne rouge absolue ? Pour moi : pas de relation suivie avec quelqu’un de notre entourage. Pas de nuit entière passée chez l’autre. Et si l’un de nous deux sent que les émotions deviennent trop importantes pour une tierce personne, on en parle immédiatement — sans attendre que ça devienne un problème.
Ma première fois « hors couple » — le vrai compte-rendu
Je n’allais pas écrire cet article sans parler de ça.
C’était environ six semaines après notre « décision officielle ». Un homme rencontré sur un site de rencontres libertin — la quarantaine, agréable, sans prise de tête. On s’était vus une fois pour un café d’abord, histoire de vérifier que la réalité ressemblait aux photos et que la conversation existait.
La deuxième fois, c’était chez lui.
Ce qui m’a le plus frappée, ce n’est pas ce qu’on a fait — c’est comment je me suis sentie après. Pas coupable, contrairement à ce que j’avais anticipé. Plutôt… légère. Comme si j’avais prouvé quelque chose à moi-même, sans trop savoir quoi exactement.
En rentrant, Thomas m’a demandé comment ça s’était passé. Je lui ai dit : bien. Il a souri. On a regardé une série. Et le lendemain matin, on était exactement les mêmes — peut-être même un peu plus détendus que d’habitude.
La jalousie : arrêtons de faire semblant qu’elle disparaît
Il y a eu un moment, environ quatre mois après, où Thomas a revu la même femme plusieurs fois. Rien d’amoureux de son côté, il me l’a dit clairement. Mais moi, j’ai senti quelque chose se serrer.
Je n’ai pas fait semblant que tout allait bien. Je lui ai dit : « là, j’ai besoin qu’on ralentisse un peu. » Sans drame, sans accusation. Il a compris immédiatement, et il a mis cette relation en pause sans que j’aie besoin de le demander deux fois.
C’est ça, en fait, le vrai socle d’un couple ouvert qui tient : pas l’absence de jalousie, mais la capacité à la nommer sans que ça devienne une guerre. La jalousie dans ce contexte est souvent le symptôme d’un besoin non exprimé — de réassurance, de temps ensemble, d’attention. Une fois qu’on l’identifie, elle est beaucoup moins menaçante.
Ce que le libertinage m’a appris sur mon propre désir
À 38 ans, j’avais l’impression de me connaître assez bien. J’avais tort.
Vivre des expériences avec d’autres m’a obligée à articuler précisément ce que je voulais — pas juste dans la tête, mais à voix haute, à quelqu’un que je connaissais peu. C’est un exercice étrange et finalement très formateur. On apprend à dire ça, oui, ça, non, ça, peut-être mais doucement — et on se rend compte qu’on ne s’était jamais vraiment accordé cette permission avec autant de clarté.
J’ai aussi découvert que le désir physique et l’attachement émotionnel sont deux choses vraiment distinctes. Je le savais théoriquement. Je le sais maintenant dans le corps, ce qui est complètement différent.
Et puis, chose inattendue : ça a considérablement amélioré notre vie sexuelle à Thomas et moi. Pas parce qu’on s’est mis à se raconter des aventures au lit — même si ça arrive — mais parce qu’on a chacun gagné en confiance, en curiosité, et en envie de se surprendre l’un l’autre.
Les pièges à éviter quand on débute
Aller trop vite pour faire plaisir à l’autre. Si l’un des deux pousse plus que l’autre, ça finit mal. Les deux doivent être sincèrement partants, pas juste consentants par peur de décevoir.
Négliger le « retour au couple ». Les soirées, les week-ends, les moments juste à deux — ils deviennent encore plus importants quand on ouvre la relation. C’est l’ancre. Ne pas la laisser rouiller.
Confondre relation ouverte et évitement. J’ai vu des gens utiliser le libertinage pour ne pas avoir à régler des problèmes de fond dans leur couple. Ça ne marche pas. Les problèmes attendent patiemment.
Oublier la sécurité. Préservatif systématique avec les partenaires extérieurs, dépistage régulier. C’est la base, et c’est non-négociable.
Deux ans après — où on en est
On est toujours ensemble. Toujours amoureux, peut-être plus lucidement qu’avant. Le rythme de nos aventures extérieures a naturellement diminué — on passe par des phases actives et des phases où on n’en a juste pas envie, et c’est très bien comme ça.
Ce mode de vie n’est pas pour tout le monde, et je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit. Mais pour nous, ça a été une façon d’aimer plus honnêtement. De ne plus mettre sous clé des parties de nous-mêmes par peur de l’autre.
Si tu es en train de te poser ces questions-là avec ton partenaire, la meilleure chose que tu puisses faire, c’est de continuer à en parler. Longtemps. Sans te précipiter.
Le reste vient après.
Questions fréquentes sur la relation ouverte
Un couple ouvert peut-il vraiment durer ?
Oui, à condition que les deux partenaires soient sincèrement partants, que la communication soit solide et que des règles claires aient été établies dès le départ. Le couple ouvert fonctionne mieux sur une base de confiance déjà solide.
Comment gérer la jalousie dans un couple ouvert ?
La jalousie ne disparaît pas, mais elle se gère. L’essentiel est de la nommer sans l’accuser, et d’y voir un signal : un besoin non exprimé de réassurance, de temps ensemble, ou de clarification sur une limite floue.
Par où commencer pour ouvrir sa relation ?
Par la conversation, avant tout. Prenez le temps de définir ensemble vos limites, vos peurs et vos envies. Ne vous précipitez pas : plusieurs semaines de discussion avant de passer à l’acte est une bonne pratique.
Faut-il tout se raconter dans un couple ouvert ?
Pas nécessairement. Chaque couple choisit son niveau de transparence. Certains préfèrent tout partager, d’autres gardent les détails pour eux. L’important est que les deux partenaires soient à l’aise avec ce niveau de partage.
Tu vis ou tu envisages une relation ouverte ? Raconte-moi en commentaire — les témoignages, ici, c’est ce qui fait avancer la conversation.

Je m’appelle Aline et j’ai découvert le libertinage relativement tôt (vous découvrirez toute mon histoire dans mes différents articles). D’abord par procuration (regarder les autres me plaisir particulièrement), puis seule et enfin en couple.
Je suis une adepte du libertinage soft et respectueux. Je pense qu’il est possible d’être libertine, sans être vulgaire, ni aller dans l’extrémité de certaines pratiques. C’est pour cette raison que je vous donne les différents codes du milieu libertin, libre à vous d’inventer votre propre pratique par la suite.
J’habite maintenant en Suisse (à Genève) mais je suis souvent de passage à Paris. J’ai essayé de nombreux sites libertins mais ai jeté mon dévolu sur Wyylde pour le moment. Si vous voulez me retrouver en ligne, ça sera donc là-bas que vous pourrez le faire !